Un amendement voté au Sénat peut modifier la facture fiscale de nombreux retraités. Si votre pension est inférieure à 2 500 € par mois, la réforme proposée pourrait stabiliser voire diminuer votre impôt. Mais tout dépend d’un seuil précis et d’une décision finale toujours en débat.
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Ce que propose l’amendement
Actuellement, vos pensions bénéficient d’un abattement de 10 % avant le calcul de l’impôt. Ce mécanisme prévoit un minimum de 450 € par personne et un plafond de 4 399 € par foyer fiscal. Le gouvernement avait envisagé de remplacer ce pourcentage par une déduction forfaitaire de 2 000 € par retraité.
Le Sénat a relevé ce montant à 3 000 € par retraité. Cette modification déplace le point d’équilibre. Avec 3 000 € de déduction, le seuil pivot se situe autour de 30 000 € de pension annuelle. Autrement dit, environ 2 500 € par mois.
Exemples concrets
Ces deux exemples illustrent l’impact de la mesure. Ils montrent pourquoi le seuil de 30 000 € est déterminant.
Pension de 1 800 € par mois
1 800 € × 12 = 21 600 € par an. Avec l’abattement de 10 %, le revenu imposable tombe à 19 440 €. Avec la déduction forfaitaire de 3 000 €, il devient 18 600 €. Vous êtes donc plutôt protégé. L’impôt reste stable ou diminue légèrement.
Pension de 3 000 € par mois
3 000 € × 12 = 36 000 € par an. Avec 10 %, le revenu imposable est 32 400 €. Avec la déduction fixe de 3 000 €, il atteint 33 000 €. Dans ce cas, le passage à la déduction réduit l’avantage pour les pensions élevées. L’impôt augmente par rapport au régime actuel.
Comment savoir si la réforme vous avantage
- Calculez votre pension annuelle. Multipliez votre pension mensuelle par 12.
- Comparez ce montant à 30 000 €. Si vous êtes en dessous, la version du Sénat est généralement neutre ou favorable.
- Faites deux simulations. D’abord appliquez 10 % en tenant compte du minimum et du plafond. Ensuite soustrayez 3 000 €. Le revenu imposable le plus bas indique l’option la plus avantageuse.
Dans la pratique, n’oubliez pas de respecter le minimum d’abattement de 450 € et le plafond de 4 399 € par foyer quand vous simulez l’option à 10 %.
Autres règles qui influent sur votre impôt
Plusieurs dispositifs peuvent encore faire varier le montant final. Ils valent la peine d’être vérifiés avant de tirer une conclusion.
- Abattement complémentaire de 2 795 € si le revenu net imposable est ≤ 17 510 €.
- Abattement de 1 398 € si le revenu net imposable est entre 17 510 € et 28 170 €.
- Ces montants doublent pour un couple quand les deux conjoints remplissent les conditions.
Pour les contributions sociales, les seuils sont distincts. L’exonération totale de CSG, CRDS et CASA s’applique si le revenu fiscal de référence par part est ≤ 12 818 €. Le taux réduit de CSG à 3,8 % concerne la tranche entre 12 818 € et 16 755 €.
Que faire dès maintenant ?
Rien ne change pour l’impôt 2025 sur les revenus 2024. L’abattement de 10 % reste en vigueur. La réforme évoquée pourrait s’appliquer au budget 2026 si la loi est adoptée.
Vous pouvez toutefois anticiper. Faites vos simulations dès aujourd’hui. Étalez des revenus complémentaires si possible. Vérifiez les apports déductibles sur des produits d’épargne retraite comme le PER. Ces gestes peuvent limiter l’impact d’un pic de revenus.
Enfin, suivez les débats budgétaires de 2025. Les montants et conditions peuvent évoluer. Un petit calcul maintenant vous évitera une mauvaise surprise plus tard.


